Vos campagnes email génèrent moins de résultats que prévu, sans qu’aucune alerte ne s’affiche dans vos statistiques d’envoi ? Le coupable est peut-être invisible : la délivrabilité, c’est-à-dire la capacité de vos emails à atteindre réellement la boîte de réception de vos destinataires plutôt que le dossier spam. SPF, DKIM, DMARC, choix du serveur d’envoi… on fait le tour des leviers concrets pour l’améliorer, étape par étape.
Vous pouvez avoir la meilleure newsletter, l’offre la plus pertinente et un objet d’email parfaitement travaillé… Si le message n’arrive jamais dans la boîte de réception de votre destinataire, rien de tout cela n’a d’importance. C’est précisément le rôle de la délivrabilité email. Un sujet technique, souvent invisible, mais qui détermine directement la rentabilité de vos actions d’emailing.
Un email peut suivre trois chemins différents une fois envoyé : atterrir en boîte de réception principale, être redirigé vers les promotions ou les indésirables, ou être purement et simplement rejeté par le serveur destinataire. Plus votre taux de délivrabilité est élevé, plus vos taux d’ouverture, de clic et, in fine, de conversion progressent. À l’inverse, une délivrabilité dégradée peut faire chuter silencieusement les performances de toutes vos campagnes, sans qu’aucun signal d’alerte évident n’apparaisse dans vos statistiques d’envoi.
Bonne nouvelle : la délivrabilité repose en grande partie sur des réglages techniques identifiables et corrigeables. Pas besoin d’être développeur pour comprendre les leviers à actionner, un peu de méthode suffit.
La délivrabilité désigne la capacité d’un email à atteindre effectivement la boîte de réception principale de son destinataire, sans être filtré vers les spams ni rejeté (on parle alors de « bounce »). On la distingue de la simple délivrance, qui indique seulement que le message a été accepté par le serveur du destinataire sans préjuger de l’endroit où il termine sa course : boîte principale, onglet promotions, ou dossier indésirables.
Le taux de délivrabilité se calcule en rapportant le nombre d’emails réellement reçus en boîte de réception au nombre total d’emails envoyés. En France, ce taux moyen tourne généralement autour de 90 à 95 %, mais il varie fortement selon le secteur d’activité, la qualité de la base de contacts et surtout la configuration technique du domaine expéditeur. C’est justement sur ce dernier point que se jouent la plupart des problèmes de délivrabilité. Et c’est là qu’interviennent trois protocoles devenus incontournables : SPF, DKIM et DMARC.

Les fournisseurs de messagerie (Gmail, Outlook, Yahoo…) sont de plus en plus stricts sur l’authentification des expéditeurs. Depuis février 2024, Google impose aux expéditeurs envoyant plus de 5 000 emails par jour vers des adresses Gmail personnelles de configurer SPF, DKIM et un enregistrement DMARC, de maintenir un taux de plaintes spam inférieur à 0,3 %, et d’inclure un lien de désabonnement en un clic (norme RFC 8058) sur les emails marketing. Des règles reprises presque à l’identique par Yahoo.
Depuis fin 2025, l’application est stricte : les serveurs de messagerie rejettent désormais directement les emails non conformes (erreur 550) plutôt que de simplement les filtrer vers les spams. Configurer correctement ces trois protocoles n’est donc plus une option, mais un prérequis pour espérer une bonne délivrabilité.
Le SPF est un enregistrement DNS qui liste les serveurs autorisés à envoyer des emails au nom de votre domaine. Concrètement, il répond à la question : « ce serveur qui prétend envoyer un email depuis mondomaine.fr est-il bien légitime ? » Sans SPF, n’importe qui pourrait théoriquement usurper votre nom de domaine pour envoyer des emails frauduleux. C’est ce que les filtres antispam sanctionnent lourdement, y compris pour vos envois légitimes si votre domaine n’est pas protégé.
Le DKIM ajoute une signature cryptographique invisible à chaque email envoyé. Cette signature permet au serveur destinataire de vérifier que le message n’a pas été altéré en chemin et qu’il provient bien du domaine déclaré. C’est un gage d’intégrité qui renforce la confiance des messageries envers vos envois.
Le DMARC vient chapeauter les deux protocoles précédents. Il indique quoi faire d’un email qui échoue sur les protocoles SPF ou DKIM. C’est le protocole qui a le plus gagné en importance ces deux dernières années, notamment parce qu’il est aujourd’hui exigé par Gmail et Yahoo pour tout expéditeur envoyant plus de 5 000 emails par jour. Google propose d’ailleurs une documentation officielle complète sur la configuration DMARC pour les administrateurs Google Workspace.
Ces trois protocoles fonctionnent en complémentarité : le SPF autorise, le DKIM authentifie, le DMARC arbitre et rapporte. Les négliger, c’est laisser la porte ouverte à un classement systématique en spam, quelle que soit la qualité de votre contenu.
Votre configuration SPF/DKIM/DMARC est-elle vraiment fiable ?
Un enregistrement mal configuré suffit à faire basculer vos campagnes en spam. Faro vérifie votre configuration technique et vous indique précisément ce qui doit être corrigé.
Demander un auditSi votre messagerie professionnelle tourne sous Google Workspace (l’ancien G Suite), voici une bonne nouvelle : Google met à disposition un outil gratuit et particulièrement pratique, la Toolbox Google Workspace — Check MX. Il suffit d’y renseigner votre nom de domaine pour obtenir un diagnostic complet de votre configuration MX, SPF, DKIM et DMARC, avec le détail des éventuelles erreurs ou champs manquants.
C’est un excellent point de départ avant toute campagne d’emailing importante : cet audit prend deux minutes et évite des semaines de mauvaise délivrabilité, sans qu’on en comprenne toujours la cause a posteriori. Cette expérience, à savoir comprendre ce qui se passe « en coulisses » avant que le destinataire ne voie l’email, rejoint d’ailleurs une logique plus large : soigner l’expérience client ne s’arrête pas à l’interface visible, elle commence dès la fiabilité technique de vos communications.
Envoyer ses emails marketing directement depuis sa messagerie professionnelle (Gmail, Outlook) fonctionne pour quelques envois ponctuels, mais devient rapidement contre-productif dès que le volume augmente. Les serveurs de messagerie classiques ne sont pas conçus pour l’envoi en masse et déclenchent rapidement des alertes anti-spam, qui peuvent finir par dégrader la réputation de votre domaine dans son ensemble, y compris pour vos emails professionnels « normaux ».
La solution consiste à passer par un serveur SMTP dédié à l’emailing, comme Brevo (ex-Sendinblue). Ces plateformes sont spécialement conçues pour maximiser la délivrabilité :
Concrètement, la mise en place consiste à :
Ce dernier point mérite d’être systématisé : avant chaque grosse campagne, un test de délivrabilité permet de repérer une erreur de configuration DNS, un contenu susceptible de déclencher les filtres antispam, ou un problème de réputation d’expéditeur — pendant qu’il est encore temps de corriger le tir.
La configuration technique (SPF, DKIM, DMARC, serveur SMTP dédié) constitue la fondation, mais elle ne suffit pas à elle seule à garantir une bonne délivrabilité dans la durée. Plusieurs habitudes viennent la consolider :
Les adresses inactives depuis plus de six mois, les fautes de frappe non corrigées et les « spamtraps » (pièges à spam insérés par les messageries) pèsent directement sur votre réputation d’expéditeur. Un nettoyage trimestriel reste une bonne pratique simple à mettre en place.
Des envois trop rares font oublier votre marque à vos destinataires (donc peu d’ouvertures, ce qui pénalise votre réputation) ; des envois trop fréquents génèrent des désabonnements et des signalements en spam. La régularité prime sur le volume.
Un ratio texte/image équilibré, l’absence de « spam words » trop évidents dans l’objet et le corps du message, ainsi qu’un lien de désabonnement clairement visible, restent des fondamentaux souvent négligés.
Les algorithmes des messageries se basent de plus en plus sur les signaux d’engagement (ouvertures, clics, mais aussi suppressions sans ouverture ou marquages en spam) pour juger de la pertinence de vos envois futurs. Segmenter vos campagnes pour ne solliciter que les contacts réellement engagés protège votre réputation globale.
Au-delà des bonnes pratiques à adopter, certaines erreurs reviennent particulièrement souvent chez les entreprises qui peinent à comprendre pourquoi leurs emails n’arrivent plus en boîte de réception.
Acheter ou louer une base de contacts. C’est sans doute l’erreur la plus coûteuse à long terme : une liste achetée contient presque toujours des adresses obsolètes, des spamtraps et des contacts n’ayant jamais consenti à recevoir vos messages. Les taux de plainte qui en résultent dégradent votre réputation d’expéditeur pour des mois, bien au-delà de la campagne concernée.
Négliger le « warm-up » d’une nouvelle adresse ou d’un nouveau domaine d’envoi. Les messageries se méfient d’un domaine qui envoie soudainement des milliers d’emails sans historique. Monter en volume progressivement sur plusieurs semaines permet de construire une réputation d’expéditeur solide, plutôt que de déclencher les filtres dès les premiers envois.
Se passer de double opt-in. Ne collecter qu’une adresse email sans confirmation active du destinataire augmente mécaniquement le risque d’adresses erronées ou de contacts peu engagés dans votre base — deux facteurs qui pèsent directement sur le taux de délivrabilité.
Ignorer les rapports DMARC une fois le protocole activé. DMARC n’est pas un simple interrupteur à activer puis à oublier : les rapports agrégés qu’il génère signalent les tentatives d’usurpation de domaine et les échecs d’authentification qui méritent d’être corrigés régulièrement, notamment lorsque vous ajoutez un nouvel outil d’envoi (CRM, plateforme e-commerce, outil de facturation) à votre écosystème.
On considère généralement qu’un taux de délivrabilité entre 95 % et 99 % est bon. En dessous de 95 %, cela signale souvent un problème de configuration technique (SPF/DKIM/DMARC), de qualité de liste, ou de réputation d’expéditeur à investiguer rapidement.
Le plus simple est d’utiliser un outil de test de délivrabilité (comme Mail-Tester) avant un envoi de masse, ou de consulter les rapports DMARC de votre domaine, qui recensent les tentatives d’authentification échouées. Certaines plateformes SMTP comme Brevo fournissent également ce diagnostic directement dans leur interface.
Il se calcule en divisant le nombre d’emails arrivés en boîte de réception par le nombre total d’emails envoyés, puis en multipliant par 100. Attention à distinguer ce chiffre du simple taux de délivrance, qui ne tient pas compte du dossier spam.
Pour un envoi ponctuel à quelques dizaines de contacts, ce n’est pas indispensable. Dès que vous dépassez plusieurs centaines de destinataires ou que vous envoyez régulièrement des campagnes marketing, un serveur SMTP dédié devient fortement recommandé pour préserver la réputation de votre domaine.
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